Isabelle Leite

Jung et son rapport au mandala

A la suite de la rupture d’avec Freud en 1910, Jung traverse une crise existentielle majeure depuis plusieurs années. Ce sont des divergences théoriques et personnelles qui entrainent cette rupture au grand désarroi de Jung qui considère Freud comme un père. Ces longues années dépressives le poussent à l’introspection et à l’exploration intérieure. C’est à ce moment qu’il développe de nouvelles théories sur l’inconscient collectif et les archétypes.

C’est aux alentours de 1919 qu’il commence à élaborer la symbolique du mandala. En effet, durant l’année écoulée il a beaucoup dessiné de cercles et de carrés qui n’avaient aucunes autres significations  qu’être de simple dessin. Puis, il s’est rendu compte que la série de mandalas qu’il avait représenté correspondait, dans son évolution, aux mouvements de sa vie intérieure. Dans son livre Ma vie, il écrit : « En m’appuyant sur ses images, je pouvais observer, jour après jour, les transformations psychiques qui s’opéraient en moi ».

Jung comprend que le mandala est un support projectif de la vie psychique de la personne qui le dessine. Dans son ouvrage Psychologie et Alchimie, il explique comment les mandalas peuvent aider à révéler les aspects inconscients de nous-même et à favoriser la croissance personnelle.

Pour lui, le mandala représente un symbole de l’unité de l’individu et de l’univers, ainsi que de l’intégration des parties opposées de la psyché. Il est un symbole de complétude et d’équilibre illustrant le cheminement vers la réalisation du soi où toutes les facettes de l’individu sont acceptées et intégrés, y compris les aspects refoulés ou non acceptés.

Ainsi, il introduit le mandala dans la psychologie occidentale comme un outil thérapeutique pour aider à l’individuation et à l’intégration de l’inconscient. Il encourage ses patients à créer des mandalas comme un moyen de se connecter avec leur inconscient et de trouver un équilibre intérieur.

En tant qu’outil d’expression créative et d’analyse, le mandala joue un rôle central dans le processus d’individuation. L’utilisation des mandalas en thérapie demeure une pratique précieuse et est un complément essentiel au travail analytique de type jungien.

Dans mon expérience personnelle, j’utilise régulièrement cet outil pour approfondir mon voyage intérieur. Ainsi, j’ai pu éprouver moi-même l’efficacité de cette méthode et vivre intimement ce « quelque chose » qui advient en dehors du contrôle de la conscience.

Et en tant que psychanalyste, je propose cet outil comme complément au travail analytique. J’ai pu constater d’étonnantes avancées chez certaines de mes patientes ayant participées à certains séminaires ou journées thématiques. Mais elles seraient certainement plus à même d’en parler.

Ces événements sont ouverts à toutes personnes intéressées par l’expression de leur inconscient qu’elles soient en travail analytique ou pas.

Il n’est pas indispensable de savoir dessiner car c’est une aventure personnelle et intérieure. L’objectif est de laisser émerger ce qui se présente, sans jugement ni rationalisation.

L’accueil de l’expression de soi n’est pas une question d’esthétisme.